Le PASI BTP® apporte aux salariés intérimaires un socle commun de prévention avant leurs missions sur chantier. Définition, objectifs, durée, évaluation et limites du dispositif.
Le PASI BTP® désigne le Passeport Sécurité Intérim du bâtiment et des travaux publics. Ce dispositif propose un socle commun de prévention aux salariés intérimaires qui rejoignent des chantiers. Son ambition paraît simple : donner des repères partagés avant l’exposition aux risques. Le parcours ne transforme pas un débutant en professionnel confirmé en deux jours. Il pose toutefois un cadre clair pour reconnaître une situation dangereuse, choisir une conduite prudente, préparer son poste et alerter au bon moment.
Le sujet mérite une explication précise, car plusieurs confusions subsistent. Le PASI BTP® n’est ni un diplôme métier, ni une autorisation de conduite, ni un accueil de chantier. Il ne remplace pas les formations liées au poste, les habilitations, les permis ou les consignes propres à l’entreprise utilisatrice. Il constitue une base commune qui facilite ensuite l’intégration du salarié intérimaire au sein d’une équipe et sur un site donné.
La formation s’adresse aux intérimaires missionnés sur des chantiers du BTP. Le programme MOBILIS prévoit quatorze heures sur deux jours, avec un effectif de huit à douze personnes. Les séquences associent des apports, des échanges, des chasses aux risques, des démonstrations et des activités sur un plateau technique. Cette combinaison évite une formation réduite à une suite de diapositives. Le stagiaire observe une situation, comprend le risque, puis teste les mesures de prévention prévues.
Que signifie PASI BTP® ?
PASI signifie « Passeport Sécurité Intérim ». Le terme « passeport » traduit l’idée d’un socle reconnu par les acteurs qui adhèrent au dispositif. Après la formation et la validation prévue, l’intérimaire dispose d’une attestation liée au PASI BTP®. Le portail officiel présente une durée de validité de dix ans.
Le dispositif a été élaboré par des acteurs du BTP pour harmoniser la formation aux risques génériques. Cette logique répond à une réalité du travail temporaire : un salarié peut changer d’entreprise utilisatrice, de chantier, d’équipe ou de mission. Sans repère commun, chaque arrivée oblige à reprendre les mêmes bases, avec des contenus et des niveaux de détail très variables.
Le PASI BTP® crée donc un langage partagé autour du danger, du risque, de la prévention, de la protection, du presqu’accident et de l’accident. Le salarié apprend aussi à reconnaître les acteurs de la prévention et à situer sa propre responsabilité. Ce langage commun facilite les échanges avec le chef d’équipe, le responsable de chantier, l’agence d’intérim et les autres intervenants.
Pourquoi cette formation a-t-elle été créée ?
Les salariés intérimaires changent plus souvent d’environnement de travail que les salariés permanents. Ils peuvent découvrir un site, une organisation, un matériel ou une équipe dans un délai court. Cette mobilité augmente le besoin d’un accueil structuré et d’informations fiables avant la prise de poste.
L’INRS rappelle que le travail temporaire repose sur une relation entre le salarié, l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise utilisatrice. La prévention ne relève donc pas d’un seul acteur. L’agence prépare la mission et transmet les informations utiles. L’entreprise utilisatrice reste responsable des conditions d’exécution du travail, de la santé et de la sécurité sur le site. Le salarié respecte les consignes, signale les anomalies et exerce son droit d’alerte lorsque la situation le justifie.
Le PASI BTP® intervient dans cette chaîne. Il réduit les écarts de niveau sur les risques communs aux chantiers. Il aide aussi l’entreprise à consacrer l’accueil local aux particularités du site, du poste, de la circulation, des coactivités et des travaux prévus.
Quels sont les objectifs du PASI BTP® ?
Le programme MOBILIS fixe six objectifs opérationnels. Le premier vise la connaissance et l’identification des risques principaux liés à l’activité. Le second porte sur le choix des moyens de prévention adaptés à la tâche. Le troisième concerne la préparation du poste de travail, avec ses dimensions organisationnelles, techniques et préventives.
Le quatrième objectif vise le respect des règles nécessaires à une progression sûre dans le métier. Le cinquième aide le stagiaire à reconnaître son rôle et celui des autres acteurs sur le chantier. Le dernier traite de l’alerte face à une anomalie, une situation à risque, un incident ou un accident. Le devoir d’alerte, le droit de retrait et la réaction face à une urgence trouvent donc une place nette dans le parcours.
Ces objectifs ne se limitent pas à la mémorisation. Un stagiaire peut connaître une règle et rester incapable de l’appliquer sous pression. La pédagogie doit alors relier la règle à une situation visible : une zone de manœuvre, une tranchée, un accès en hauteur, un outil défectueux ou une charge mal élinguée. Le formateur demande au groupe de repérer les écarts, d’expliquer les conséquences possibles et de proposer une conduite adaptée.
Quels risques sont abordés ?
Le PASI BTP® couvre dix familles de risques communes aux activités du bâtiment et des travaux publics : les règles de vie, les énergies, les déplacements et les accès, les engins et véhicules, le travail en hauteur, l’ensevelissement, la stabilisation provisoire, la proximité des voies de circulation, l’outillage électroportatif et l’élingage.
Cette liste suit une logique de terrain. Elle ne prétend pas couvrir tous les risques d’un chantier. Elle cible des situations que de nombreux intérimaires peuvent rencontrer, quel que soit leur métier. Le programme aborde aussi les risques pour la santé, comme le bruit, les poussières et les produits dangereux.
Chaque famille associe deux questions : que faut-il repérer et que faut-il faire ? La première développe l’observation. La seconde conduit vers les moyens de prévention. Cette articulation évite une liste abstraite de dangers. Elle place le stagiaire face à un choix concret.
Comment se déroule la formation ?
Le format de référence prévoit deux jours, soit quatorze heures. Chez MOBILIS, la formation alterne la salle et le plateau technique mobile. Le groupe compte de huit à douze personnes. Ce nombre laisse une place aux échanges et maintient un cadre compatible avec les exercices.
Le parcours commence par les enjeux de la prévention et les définitions utiles. Il traite ensuite du mécanisme de l’accident, du rôle de chacun, des réactions en cas d’urgence, des règles, des procédures, du devoir d’alerte et du droit de retrait. Les dix risques prennent une place forte au moyen de chasses aux risques et de situations pratiques.
La progression « Découverte, Démonstration, Application » donne un fil simple. La découverte place le groupe face à une situation. La démonstration expose la méthode, les contrôles et les limites. L’application confie au stagiaire une action guidée. Le formateur observe, questionne et corrige.
Le programme prévoit aussi des évaluations. Elles peuvent prendre la forme de questions, d’exercices, de mises en situation et d’un contrôle final. La feuille d’émargement suit l’assiduité par demi-journée. L’attestation prévue dépend du suivi intégral de la session et des modalités de validation retenues.
Le PASI BTP® remplace-t-il l’accueil sécurité du chantier ?
Non. Ce point mérite une réponse sans ambiguïté. Le PASI BTP® traite des risques génériques. L’accueil sécurité traite du chantier réel, de la mission, du poste, des règles locales, des accès, des secours, des circulations, des coactivités et des consignes propres à l’entreprise.
Un intérimaire titulaire du PASI BTP® doit donc encore recevoir les informations utiles dès son arrivée. L’entreprise utilisatrice conserve ses responsabilités. Elle vérifie aussi les compétences, les autorisations, les habilitations et les équipements requis pour la tâche. Une formation au risque électrique, une autorisation de conduite ou une formation au montage d’échafaudage ne peuvent pas être remplacées par le PASI.
Le bon usage du dispositif repose sur la complémentarité. Le PASI prépare le terrain. L’accueil local adapte les repères à la mission. Le tutorat et le suivi prolongent la prévention durant l’activité.
Quels bénéfices pour l’intérimaire, l’agence et l’entreprise ?
Pour l’intérimaire, le premier bénéfice tient à la compréhension des codes du chantier. Le salarié gagne des repères pour se déplacer, choisir ses EPI, reconnaître une zone interdite, refuser une improvisation dangereuse ou demander une précision. Cette capacité soutient l’autonomie sans effacer la responsabilité de l’encadrement.
Pour l’agence de travail temporaire, le PASI BTP® facilite la présentation de profils qui disposent d’un socle identifié. Il ne dispense pas de vérifier l’adéquation entre la mission, l’expérience, les aptitudes et les formations du candidat. Il donne toutefois un point de référence commun lors de la préparation de la mission.
Pour l’entreprise utilisatrice, le dispositif aide à concentrer l’accueil sur les risques locaux. Il favorise aussi un dialogue plus précis avec le salarié intérimaire. Un intérimaire qui connaît le vocabulaire de base peut poser une question plus claire et signaler une anomalie plus vite.
Comment choisir un organisme de formation ?
Le choix ne devrait pas se limiter au tarif ou à la distance. Le commanditaire peut examiner la conformité du programme au référentiel, l’expérience des formateurs, la place de la pratique, la qualité du plateau, les modalités d’évaluation et la capacité à traiter les besoins du public.
Une formation crédible montre les limites des exercices. Une maquette, une photo ou une mise en situation ne reproduit jamais toute la complexité d’un chantier. Le formateur doit donc relier chaque activité aux conditions réelles et rappeler les règles qui restent sous la responsabilité du site d’accueil.
L’organisation compte aussi. Les convocations, les EPI, le lieu, les horaires, l’accès, le stationnement, le point de rendez-vous et les adaptations éventuelles doivent être définis avant la session. Chez MOBILIS, le dispositif mobile apporte les supports, les équipements de démonstration et le matériel prévu pour les activités.
Ce qu’il faut retenir
Le PASI BTP® apporte un socle de prévention aux salariés intérimaires du BTP. La formation dure deux jours et traite dix familles de risques. Elle associe la théorie, l’observation, la démonstration et la pratique. Son objectif ne consiste pas à remplacer le métier, l’accueil local ou les formations réglementaires. Elle prépare le salarié à mieux comprendre les situations, à adopter des réflexes prudents et à dialoguer avec l’encadrement.
Pour une entreprise ou une agence, le dispositif prend toute sa valeur lorsqu’il s’inscrit dans une préparation complète de la mission : choix du profil, transmission des informations, accueil sur site, vérification des compétences, remise des équipements et suivi au poste.
MOBILIS propose une formation PASI BTP® sur site ou sur un site partenaire, avec un plateau technique mobile. Le programme détaillé présente les objectifs, le public, les prérequis, les méthodes, les évaluations et les dix familles de risques.
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Sources et références
- Portail public PASI BTP®
- EGF BTP — Le PASI BTP®
- Prévention BTP — Une plateforme de formation à la sécurité pour les intérimaires
- INRS — Salariés intérimaires : ce qu’il faut retenir
- MOBILIS — Programme PASI BTP®
Les informations de cet article restent générales. Les consignes du chantier, les procédures de l’entreprise et les formations propres au poste restent applicables.



